jeudi, 05 juin 2008
Requiem for a dream
Ici on n’est rien pour personne dit-elle. Ses mots résonnent dans ma tête, se reflètent dans ma vie. Le peu de lien que l’on tisse, le Temps se charge de l’effriter. Quand on y pense, ce n’est même pas angoissant, juste triste. Ainsi, à part ceux qui ont des liens privilégiés, des liens du sang, « rien de secret, tout se perd ».
Mon passé m’abime. Il se conjugue au présent. Il hante mes journées. Mon présent faisait des faux-bonds. Il est comme passé, comme déjà absent, il bondit dans le futur. Mon avenir semblerait un abîme au bord duquel je me tenais comme une équilibriste unijambiste prête à traverser une ficelle qui ne lia rien. Rien que moi qui perds le fil.
Alors quoi ? Je laisse tomber ceux qui tiennent le plus à moi, peut-être. Je me laisse ballotter d’une minute à l’autre, d’un aller au retour, d’un désintérêt à un mépris, d’une inertie à une servilité… Je me perds encore et encore. Le Temps bordel est définitivement mon pire ennemi.
Je n’y arrive pas, je n’y arrive plus. Où sont donc passés mes rêves ? En ai-je jamais eu ? Et l’ivresse de l’encre s’efface à mesure que les mots ne tiennent plus la route, ne tiennent plus en place. Je suis aphone. Ma voix s’en est allée hurler quelque part dans mon passé au milieu des larmes qui m’ont noyée.

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